Combien y a-t-il eu de guerres mondiales ? Trois.
Le suffrage capacitaire a été mis en place dans plusieurs pays d'Europe à la fin du XIXème siècle. Il s'agissait par exemple d'accorder un double vote (un voix compte double ou triple) aux gens diplômés de l'enseignement supérieur, ou par exemple aux gens ayant fait l'école primaire. Ces mesures ont peu à peu été abandonnées, au profit du suffrage universel, ce qui nous apparaît souvent comme une avancée de la démocratie. Les femmes, considérées incapables de voter, ont longtemps été tenues à distance du droit de vote, notamment, puis ont concquis ce droit, très tardivement en France (1944...).
La question
Aujourd'hui je pose une question qui peut déranger : est-ce qu'accorder le droit de vote à tout le monde est une bonne chose ? Est-ce que ça n'entraîne pas une dérive populiste irrémédiable ?
Il faut d'abord je pense rétablir ce que veut dire à mon sens, le droit de vote : voter, c'est donner son avis. Voter, ça veut dire sanctionner ou encourager une politique. Est-il normal de confier donc ce pouoir de donner son avis à des gens qui ne comprennent pas ce qui se passe, ni véritablement les idées des hommes politiques, ou qui pire n'ont pas lu leurs programmes ?
On tient pour normal et acquis qu'un enfant ne peut pas voter. Un fou non plus. Pourquoi ? Parce qu'on les juge en incapacité de faire des choix libres, autonomes, et que, notamment pour les enfants, on juge qu'ils n'ont ni la maturité ni le recul nécessaire pour donner leur avis sur des sujets aussi importants que la politique.
Et pourtant, aujourd'hui, le droit de vote est accordé à des gens qui pensent que le Japon a une frontière terrestre avec 5 pays (c'est anecdotique mais révélateur...) ou plus largement à des gens qui seraient incapables d'expliquer même brièvement et avec des mots simples ce que sont l'OMC, le Conseil Européen ou de nommer la chancelière d'Allemagne. Comment ces gens qui ne s'intéressent à la politique que vaguement une fois tous les cinq ans peuvent voter en véritable choix conscient ? En quoi sont-ils différents d'enfants de 13 ans ? Sont-ils plus à même de voter que des adolescents de 16 ans investis dans des associations politiques par exemple ? Sont-ils réellement capables de donner leur avis sur des sujets qu'ils ne comprennent pas forcément ?
De l'incapacité de juger
C'est là ma véritable question. Personnellement, je n'y connais rien à l'informatique. J'utilise le web 2.0 comme tout le monde, je suis sur Windows et je connais quelques manips d'urgence, mais ça va pas plus loin. En gros si y'a une merde, j'appelle au secours. Donc, je ne vais pas sur un forum par exemple, d'informaticiens, pour leur expliquer pourquoi windows c'est mieux. On ne me demande pas de voter pour linux ou Windows, et c'est bien heureux car je serais incapable de choisir. Certes je pourrais écouter les différents arguments de différents spécialistes, mais je devrais les croire sur parole...
Je pense qu'il en va de même avec la politique. Certes elle concerne tout le monde, mais pourquoi n'est-elle pas considérée comme l'informatique, la neurobiologie ou l'aviation, c'est à dire pour ce qu'elle est, une science d'experts. Si elle ne demande pas des connaissances aussi poussées que la neurobiologie cependant, force est de constater que pour la comprendre, il faut certains outils fondamentaux. Et force est de constater aussi que beaucoup de gens n'ont pas ces outils fondamentaux. Je ne leur jette pas du tout la pierre : chacun ses intérêts, chacuns ses passe-temps. Je comprends tout à fait qu'on puisse beaucoup plus s'intéresser à la voile, ou à la pêche qu'à la politique. Chacun son truc. Mais à ce moment là, on ne doit pas avoir un pouvoir de décision sur une chose dans laquelle on est pas impliqué. Les discussions politiques se résumant dans le cas contraire, comme on l'entend souvent à un niveau "café du commerce", c'est à dire l'équivalent de quelqu'un comme moi qui essaierait de défendre Windows contre linux : du n'importe quoi.
Je pense qu'ajourd'hui, ne pas connaître le Conseil Européen, l'OMC ou le rôle que peut avoir un pésident, lors d'éléctions est gravissime. Cela veut dire que lors des discours des candidats, on est incapable de comprendre ses enjeux.
Quand Sarko et Royal critiquent la banque centrale Européenne, ça veut dire que les gens qui ne savent pas ce qu'est son rôle sont en incapacité de savoir si la critique est fondée ou non et 'ils peuvent être d'accord donc avec cette critique. Et si les gens lisaient véritablement en profondeur les programmes du PC ou du FN, ces partis perdraient rapidement un nombre très important de leurs voix. Donner le droit de vote à tout le monde c'est permettre à des gens qui sont incapables d'avoir une vision globale des choses de donner leur avis sur justement une situation et un projet très globaux. ce n'est pas le président de la République qui va empêcher Madame Michu de se faire voler son sac au sortir de Monoprix... Et ces gens donc vont voter pour UNE chose, leur petit intérêt personnel. Donc si on leur mettait ce qui les intéresse au milieu d'un sac d'immondices (comme c'est à peu près le cas pour le programme du FN, que si beaucoup de gens comprenaient dans sa réalité profonde, n'appuieraient pas de leur vote), et bien ils sont non seulement pour beaucoup incapables de s'en rendre compte, mais surtout et c'est le plus grave, ils s'en foutent.
La motivation
En fait de vote capacitaire, je devrais peut-être parler plus de vote de motivation et d'interêt. Car aujourd'hui avec internet, le savoir s'est tellement démocratisé que si l'on envie de t'intéresser à la politique, on peut le faire pour trois fois rien, et en plus de chez soi... Et pour expliquer des concepts ou des organismes que des gens qui n'ont pas reçu beaucoup d'éducation peuvent ne pas connaître, il y a des centaines de sites qui expliquent ces termes de manière très simple. Il ne s'agit donc pas d'instaurer une déocratie élitiste, mais bien une véritable démocratie, où on s'assure que les gens qui votent exercent pleinement et consciemment leur droit de vote.
La remise en cause
Je finirai tout de même par me contredire moi même. Si le vote capacitaire est théoriquement et à un niveau de philosophie politique" intéressant à mon sens, il ne peut être appliquer. sa mise en place serait extrêmement complexe et donnerait lieu à des dérives. Mais surtout, si on enlève aux gens des droits, comment leur demander des devoirs. C'est à dire en fait, que le droit de vote est intimement lié à la fiscalité, et ce depuis toujours (enfin depuis qu'il existe). Parce que les gens payent des impôts, ils ont un droit de regard sur ce qu'on fait de cet argent. En gros (ce qui d'ailleurs ont fait dire à certains que les plus riches qui payent plus d'impôts devraient voter plusieurs fois - notamment lois du double vote sous les monarchies parlementaires du XIXème en France).
De même, un enfant ne vote pas, mais n'est en retour ni pénalement responsable, et il ne paye pas d'impôts non plus. Donc je pense que ne pas permettre à certaines personnes de voter ne pourraient en retour se faire sas les déresponsabiliser pénalement et les dispenser de payer d'impôt. Un autre argument, donné par quelqu'un avec qui je discutais, étais simplement celui-ci : si l'incapacité politique et l'incompréhension ne s'expriment pas par les urnes, elles s'exprimeront par la violence. Il ne faut pas non plus oublier que de toute façon, beaucoup de gens qui se foutent de la politique... Ne vont pas voter.
Our planet is dying. Summer storms in April, storks that stay in Germany for winter, frequent heat waves. Those are the certain signs that something is wrong with nature. Scientists have been warning us for years. But unemployment was more important. So was terrorism or homeless people. This year, we cannot avoid the truth any longer. If we don’t change our energy policies, and building methods, there won’t be unemployment problems anymore, for there won’t be any humans at all anymore. Experts predict that in 50 years, oil and eternal snow will be sweet memories. They say that Africa, which is already drying up – judging how Lake Victoria has been reduced to a small puddle in 10 years –, will be so dry that thousands, millions of people will be on their way to more humid lands. People fight to death for oil they don’t need. Imagine how they will fight for water which they can’t live without for three days. Icebergs are melting, so quickly that 20 years and 8 meters of sea later, thousands of acres will be submerged – this meaning a lot of Great Britain coasts, the Netherlands, Manhattan and Japan. Ecosystems are also suffering from planet heating. Temperatures have been rising so much that species that left Europe for warmer countries during winter stay here, and new species leave warm countries to settle in Europe. Heat waves are now common in Western Europe and Northern America. In 2003, thousands of people died of heat in countries that are not used to high summer temperatures. In France, a country used to mild 25ish Celsius degrees in summer, there were virtually no air conditioning systems in 2003 when the deadly heat wave crashed over Western Europe. This all sounds like an ultimatum to most countries. They have to do something before it is too late.
The world was ours. Oil was flowing, forests growing, economies flourishing. After World War Two, wild capitalism benefits began to show. Industries, built in the 19th century on thousands of crushed lives, children’s labour and starving miners, saw their business thriving. We finally produced cheap cars, cheap clothes, cheap everything. In the 70s, people threw away their old dinnerware, their solid wooden tables and cupboards. They bought Formica tables, plastic cutlery and sneakers that would last 2 months at most. People changed their ways of living: everything was cheap, and throwaway. Consuming became their lives. Why buy a solid pair of shoes when they will be out of fashion in 3 months? This would be ok, if we lived in that perfect world where resources were endless. But it is not. We are consuming what we could save.
In the 70s, middle class Americans fled away from city centres to large suburban areas. A house, a dog, two children and two cars and that was it. The American way of life. How could they know that 40 years later Suburban areas would be America’s major problem? Endless rows of individual houses that use as much energy for 4 people than a building for 500, isolated from everything, where you need your car all the time. America didn’t develop their train railways. From the moment planes became affordable for common people, trains stopped working in America. How much fuel does Americans spend on trips that could easily be done by train? Certainly a lot. And still they don’t understand that their lifestyle, based on the use and waste of resources will throw them on the streets. European cities don’t spend as much energy. But Paris, London, Berlin, Amsterdam, capitals of Western Europe still could use some progress. Not used to extreme temperatures, they are not isolated enough, and consume more and more energies on air conditioning in summer – and still heating in winter. They also need to reduce traffic jams by developing the use of environment-friendly public or individual transports such as electric tramways or bicycles.
We ought to stop consuming so much, to build isolated houses, to bike ourselves to work. We need to stop relying on oil and find new and non-polluting energies. We have to reinvent our lifestyles. The world is still ours.
Signe d'un intérêt spécial pour ces élections, qu'il me semblait avoir senti dans ces derniers mois. Sûrement le signe aussi du sentiment que cette élection est véritablement importante. Renouvellement des candidats, on repart pour 5 ans au moins. C'est une véritable césure, une page qui se tourne, la France s'apprête à entrer dans le XXIème siècle... Pour le pire ou le meilleur.
En tout cas, dans mon bureau de vote, le tas "Sarozy" était bien bas à mon goût. Lepen aussi d'ailleurs. J'adore les habitants du XVIème. Il y avait une vieille devant moi, elle a pris P2V. Miam. Viele Dank madame... Elle ne savait même pas sur quelle file aller, elle comprenait plus rien. C'est ptet pour ça qu'elle a voté De Villiers ? Elle comprend plus rien... Ou elle avait pas mis ses lunettes et s'est trompée de bulletin ? Bon en tout cas, si vous vous demandez à qui De Villiers va devoir ses 0.2 %, j'ai un élément de réponse, c'est ELLE : un ptite vieille avec des cheveux teints en noir, un chapeau moche, de grosses lunettes au tour "marron", un foulard en soie tout moche et qui me demande "pourquoi il fait si chaud". Ouais, les électeurs de De Villiers ne comprennent pas dans quel monde ils vivent, c'est bien la preuve : Quand on met son déguisement d'Inuit par une telle chaleur, il faut pas s'étonner d'avoir chaud. Sales vieux. Elle va sûrement crever cet été et on se demandera pourquoi. En tout cas ça fera un vote P2V en moins pour 2012.
- Feeling like:
Wow
Les sciences-pistes et leurs camarades de Province votent Royal !
Des élections blanches ont été organisées dans tous les IEP de France par leurs BDE respectifs. Résultat, Royal gagne partout à environ 40% (y compris à Paris). Seul l'IEP de Lille a donné Royal et Bayrou execo à environ 27% chacun (pour être honnête, Bayrou gagnait avec une différence de 2 voix il me semble). Au contraire, Sarkozy était systématiquement relégué à la troisième place, derrière Bayrou. Le vote Lepen est quasi-confidentiel, surtout quand on voit le manque de sérieux de certains élèves qui ont voté lepen pour "déconner". A noter quand même que Lepen score à 4% à Paris... Mais je sppose que ce n'est pas si étonnant quand on sait que le leader du RED (association étudiante d'extrême-droite) est en 5e année à Sciences Po.
Personnellement je ne suis pas allée voter, j'étais en effet partie voir un documentaire sur la manipulation évangélique aux Etats-Unis, Jesus Camp (que je recommande vivement à tous), et par peur d'être en retard, et parce qu'il y avait la queue devant le local du BDE, je n'ai pas pu aller voter. Comptez donc une voix de plus pour Royal ! On notera cependant que la participation à ces élections blanches en cette période de Galops a été plus que menue : 330 votants seulement à Paris. Décevant. Mais l'information n'a été donnée par le BDE que très tardivement (tous des branleurs) et beaucoup n'étaient pas au courant. Gageons que le sondage organisé par Lapeniche.net sera plus intéressant et surtout plus représentatif.
Les Sciences-pistes seraient-ils donc de gauche ? "gauches caviars" comme lâche quelqu'un sur lapeniche.net au vu des résultats des élections blanches. Peut-être. Mais de gauche quand même. On observe aussi, sans tomber dans une analyse Duhamélienne de ces résultats, qu'à part un petit vote Lepen, les votes restent anti-extrêmistes. Est-ce pour cela d'ailleurs que Sarkozy qui penche de plus en plus vers l'extrême-droite recueille un nombre de voix si minable ?
En tout cas, les Sciences-pistes aiment se sonder. Entre les différents sondages de la "conf" d'actualité d'Olivier Duhamel (qui donnaient Ségolène Royal gagnante à chaque fois), ces élections blanches, et le sondage de lapéniche, les enquêtes d'opinion pleuvent. Finalement, les élèves de Sciences Po n'échappent pas au mal du siècle de vouloir savoir ce que pensent leurs pairs. Les résultats de lapéniche seront mis en ligne avant minuit Vendredi. Espérons un ras de marée pour la démocratie (sous-titrage télétexte : peu de votes sarkozystes ou extrême) et espérons que ce soit de bonne augure pour dimanche...
A vos bulletins !
Pourtant, des centaines d'élèves chaque année briguent le master traditionnel de Sciences Po, Affaires publiques, dans lequel ils vont souffrir 3 ans pour ensuite échouer au concours de l'ENA. Car l'ENA est selective. Trop sélective ? Bayrou a jeté un pavé dans la mare il y a quelques semaines en suggérant de supprimer lENA. Si sa solution est ridicule (créer une nouvelle école du même type avec un autre nom), il a au moins le mérite de relancer le débat. (Même si ce n'est que pas populisme et volonté de casser un peu de l'énarque, sport favoris des français - et de casser son adversaire principale, puisque Madame Royal est issue de l'ENA comme chacun le sait). Mais que faire de l'ENA alors ? Est-elle inutile ? Certes non. Ce n'est pas parce qu'elle a desdéfauts qu'il faut la supprimer. Ce n'est pas parce que l'école primaire ne parvient pas à envoyer 100% d'enfants qui savent lire écrie et compter au collège que l'on supprime l'école primaire. Réformer l'ENA par contre serait bien utile.
1/ Elargissement du nombre d'élèves parce que créer des promotions de 100 personnes est ridicule et entraîne la cooptation. un élargissement très conséquent, avec notamment un côté international plus développé. Et la ré-ouverture du concours aux internes (des gens déjà fonctionnaires) ce qui est quasiement fictif à l'heure actuelle. On pourrait aussi imaginer un recrutement au niveau universitaire : multiplier les modes de recrutement des élèves encourage la diversité, le brassage. De plus, tout miser sur un concours d'entrée (et un oral) veut dire obligation de préparation. On ne passe pas un concours comme ça, même si l'on est extrêmement doué ou compétent. A forciori un concours comme celui de l'ENA, qui est extrêmement codifié, et qui favorise les étudiants venus de Sciences Po qui se préparent à ce concours indirectement depuis leur première année (par le biais de la méthodologie Scicnes po : exposés en 10 min etc). Or il y a des gens très compétents qui ne sont pas des bêtes à concours, et au contraire, être une bête à concours n'a jamais voulu dire être quelqu'un d'efficace (dans son travail sur le terrain par exemple).
2/ Compartimentage des enseignements (c'est à dire ne pas recevoir la même formation si on veut devenir préfet ou entrer au Conseil Economique ce qui paraît évident mais n'est pas encore vraiment le cas), qui permettrait une meilleure connaissance du terrain. Aujourd'hui il y a un stage de 6 mois de prévu, mais au regard des responsabilités énormes mises entre les mains de ces jeunes qui sortent de leurs études, cela paraît bien peu.
3 / Se concentrer sur des vrais enseignements. Aujourd'hui, 90% des gens qui intègrent l'ENA sortent de Sciences Po paris où ils ont trimé comme des malades pendant 3 ans pour préparer ce concours. Et de l'aveu des énarques eux-mêmes, ils n'ont rien appris ou presque à l'ENA, beaucoup de ce qu'ils savent ils l'ont appris à sciences Po. L'ENA devient donc surtout un outil de sélection sociale hallucinant qui n'est plus vraiment justifié, puisque de toutefaçon les enseignements sont bien trop généralistes et théoriques...
4/ Surppression du concours final qui définit la carrière des élèves pour les 20 ans à venir, et qui provoque quasiment des névroses chez les étudiants. Ils sont obsédés par ce concours (et on les comprend). De plus, ce concours veut dire que par le truchement d'un simple classement on décide si untel ou unetelle est compétent pour tel ou tel poste ce qui est tout à fait abscons ! Il n'y a pas de période d'essai, et quelqu'un qui a décroché l'une des premières places du concours et entre au Conseil d'Etat est sûr d'y rester même si c'est le plus grand incompétent de la terre, alors qu'une personne ayant fini dans les derniers et devient préfet peut être d'une efficacité redoutable. Bref ce concours final est une bêtise en soi (les étudiants ont déjà passé assez d'épreuves de sélection pour être sûr qu'il sont d'un niveau assez homogène et très élevé) et conduit à des aberrations.
Donc non, il ne faut pas supprimer l'ENA, mais il faut la reféormer, pour lui redonner son sens premier : une école qui forme les hauts fonctionnaires parce qu'à ce niveau de responsabilité on en a besoin, mais qui les forme bien. Et surtout qui n'est pas un outil de reproduction sociale. On pourrait envisager l'ENA comme délivrant un MBA de fonctionnaires (ce qui a d'ailleurs un nom, moins connu, de MPA) : Une manière de monter de grade en acquiérant de nouveaux enseignements pour les internes.
Nous sommes à J-6 des élections. La tension est palpable, partout. Mes amis, mes camarades de classe, mes parents, mes connaissances internetiques ne pensent plus qu’aux élections. C’est surtout vrai en fait pour les étudiants de Sciences Po. Nous évoluons, on pourrait s’en douter, dans un univers ultra-politisé. Depuis le début de l’année, tous les regards, toutes les pensées, sont braqués sur ce 22 avril 2007. C’est la première fois depuis 1995 qu’il n’y a pas de président sortant qui se représente. Chirac aurait bien voulu, mais soyons sérieux, il s’est fait voler la vedette par son ennemi de 30 ans, et ce depuis au moins 3 ans. Depuis tellement longtemps qu’en fait on l’avait presque oublié. Pareil pour De Villepin qui depuis l’affaire du CPE a disparu, de nos écrans, de nos journaux, de nos vies. Le ministre d’Etat, premier ministre bis, Mgr Sarkozy a tout envahi, et a repris le flambeau droitiste d’un gouvernement fatigué et discrédité. Sur ses frêles épaules il porte ce gouvernement seul depuis plus d’un an et ça a l’air de lui plaire. Il rend même visite à George Bush (sur des échasses). En fait, on pourrait se demander s’il n’a pas déjà accédé aux fonctions suprêmes royales républicaines de cette chère Vème République. Malgré cela, il a réussi à le faire oublier à la population, et se présente comme la « rupture tranquille » (genre faut rupturer, mais pas trop quand même). Nous avons donc euh… officiellement une élection sans président sortant…. Officieusement, c’est déjà moins évident.
Mais si l’atmosphère est tant fébrile rue Saint Guillaume c’est aussi parce que c’est notre première élection présidentielle à tous ! (Mathématiquement, la scolarité à Sciences Po ne durant que 5 ans, on ne vit qu’une élection présidentielle). Quelle chance pour moi d’être en première année et de pouvoir participer à cette grande messe cinquièmerépublicaine qu’est l’élection présidentielle. Dans 6 jours nous adouberons notre nouveau seigneur pour 5 ans. Sauf si Ségolène Royal est élue et met en place sa VIème République tant promise (mais c’est un autre sujet). Les trois candidats potentiels (hors Jean Marie Lepen) sont d’une nouvelle et jeune génération. Enfin pour la France quoi, c'est-à-dire qu’ils ont moins de 60 ans, des gamins de bac à sable, donc. A Sciences Po, les tractages n’en finissent pas, la conférence d’actualité d’Olivier Duhamel (pour les 1A) attire beaucoup de monde et se focalise sur la présidentielle (exposés, débats, réflexions sur les sondages). Des étudiants sombrent dans le sommeil pendant les cours après une nuit d’affichage… Les élections monopolisent les sujets de conversation, passant même devant le sujet fatidiques des résultats d’examen que Sciences Po a eu la gentillesse de nous fournir dans les plus brefs délais (2 mois et quelques) après les examens. Mercredi, notre cher BDE va prendre du temps sur sa recherche de sponsors pour le Gala de prom’ 2006 pour organiser des élections blanches (comme cela a déjà été fait dans les IEP de Province, chez qui Royal est largement en tête partout, sauf à Lille où elle est à execo avec Bayrou). Lapeniche.net, le webmagazine de l’école organisent quant à eux un « sondage » réservé aux étudiants de Sciences Po (avec vérification ENTG s’il-vous-plaît) dont le résultat sera publié Dimanche midi – espérons seulement que leur hébergeur n’est pas en France. Et pour finir, une soirée électorale est organisée par Olivier Duhamel avec France Culture à Sciences Po, histoire de se ronger les ongles en bonne compagnie.
Les élections de ce 22 avril seront donc passionnantes et passionnées ! A vos bulletins !
Ce journal n'est pas un blog personnel. Il ne contiendra pas d'anecdotes hillarantes, pas de photos de mes amis en voyage à Dunkerque (California), encore moins de ma famille durant l'anniversaire de ma grand-mère. Il ne racontera pas mes folles escpapades nocturnes ni mes longues journées d'ennui. D'ailleurs je ne m'appelle pas William. Ni K.
Ce journal est celui d'une étudiante de première année à Sciences Po Paris, et est destiné à contenir mes idées -principalement- sur la société, mes opinions politiques, mais aussi mes réflexions sur Sciences Po. Il n'a pas pour but de devenir le dernier blog politique à la mode visité par 2 000 personnes à la minute, ni d'offrir au lecteur égaré une vision extraordinairement éclairante et prophétique de la dure réalité du monde moderne, et encore moins de l'époustoufler par des analyses dignes d'expert. Je dirai des choses justes et je dirai des bêtises. Je vous invite donc, lecteur, à commenter mes billets pour exprimer votre désaccord (ou votre accord sans réserve et votre admiration, le cas échéant).
Bonne lecture !
